Carol Hughes’ column – Can preparedness become politically desirable?

When historians examine the events that helped shape the Covid-19 pandemic they will have to look at the role that budget cuts and privatization played in Canada’s ability to respond.  While market forces were prioritized in the years and decades prior to the pandemic, those efforts to arrive at efficiencies hampered our ability to respond quickly.  That’s what happened when we needed to tap the stores of Personal Protective Equipment (PPE) intended for moments just like these and found them depleted. Similarly, our ability to produce vaccines was lost as governments relented to the notion that markets can best provide what is needed and ultimately privatized our last producer.

Canada was not alone in this respect. The idea that we should be prepared for emergencies seems to have slipped from a position of overarching concern for most people and governments once the Iron Curtain collapsed at the end of the Cold War.  As the years went by, balanced budgets became more desirable leading to cost-cutting measures that chipped away at preparedness.  While we lost the ability to produce vaccines domestically decades ago, our PPE challenges stem from more recent decisions.

That meant that, although Canadian companies were involved in the research for vaccine candidates, we would have had to look outside the country to have any viable vaccine produced.  Government’s had been lulled into a sense of security after Canada lost its last vaccine producing company, Connaught Labs. It had been operating at an arm’s length before being fully privatized by the Mulroney Government and sold to foreign interests. Subsequent governments weren’t concerned as it was easy to buy vaccines offshore when we were looking for predictable products.  It is moments like we are experiencing now that show the benefit of domestic production more clearly.

The problems related to PPE are more recent.  Canada had a stockpile, some of which had been allowed to deteriorate while some was shipped abroad when the pandemic began.  As recently as the SARS outbreak in 2003, we were better prepared.  Budgetary constraints in recent years are the reason that some of our PPE stocks were allowed to expire and hadn’t been replaced.  Perhaps worse, the government sent 16 tons of PPE to China when it seemed Covid-19 was confined to that country.

Despite the problems, our PPE deficiency seems to have been easier to pivot on.  Within weeks companies were reworking production lines to make the equipment we needed.  That said, paramedics were still struggling to find appropriate masks in the summer and there is confusion over which replacements are most effective when the gold-standard N-95 masks are unavailable. Additional concerns relate to production lines that have been established yet remain untapped by government procurement. The solution for vaccine production is not as simple.

New Democrats are calling on the government to get back in the business of making vaccines and other critical medications here in Canada to more quickly protect Canadians now and in future health crises.  We believe the best vehicle for this would be a crown corporation.  The argument against Connaught Labs was that the business model reflected its academic roots and couldn’t compete.  That was a point where public health interests were over-ridden by market forces.  The same can be said for the decisions that left our PPE stocks decimated when we needed them.  The notion that the market can address need has been shown to have its limits.  While scientist warn us that pandemic events are likely to increase in our near future, it is unclear if those warnings will be heeded.  We are learning there is a cost to everything, that includes costs associated with money not spent on things like domestic vaccine production capabilities and replenishing PPE stocks.

La prévoyance peut-elle devenir une ambition politique?

Un jour viendra où des historiens se pencheront sur les événements qui ont façonné la pandémie de la COVID-19; c’est alors qu’ils établiront le lien entre la capacité d’intervention du Canada, ses coupes budgétaires et ses mesures de privatisation. Au cours des années, voire des décennies qui ont précédé la pandémie, nous avons priorisé les lois du marché pour gagner en efficacité, au détriment de notre capacité à intervenir rapidement. Ainsi, lorsque nous avons voulu puiser dans nos réserves d’équipements de protection individuelle (EPI), justement censées couvrir de telles situations, nous nous sommes retrouvés devant des tablettes vides. Cela se reflète d’ailleurs dans notre incapacité à produire des vaccins; les gouvernements ayant conclu que les marchés pouvaient mieux répondre à la demande, ils ont fini par privatiser notre tout dernier fabricant.

Le Canada ne fait pas exception. Depuis la chute du rideau de fer à la fin de la Guerre froide, il semble que le monde et les gouvernements ont perdu tout sens de la prévoyance pour parer à d’éventuelles urgences. Avec les années, on a plutôt privilégié l’équilibre budgétaire et les mesures d’austérité. Et bien que nous ayons perdu toute notre capacité à produire nos propres vaccins il y a de cela quelques décennies, les défis d’approvisionnement en EPI que nous avons dû affronter découlent quant à eux de décisions beaucoup plus récentes.

Les entreprises canadiennes peuvent bien participer à la recherche de vaccins efficaces, il n’en demeure pas moins nécessaire de se tourner vers l’étranger pour être en mesure de les produire. Notre gouvernement se cachait derrière un faux sentiment de sécurité depuis l’abandon de son dernier fabricant de vaccins, Connaught Labs. Ce dernier fonctionnait de manière indépendante jusqu’à ce que le gouvernement Mulroney le privatise et le vende à des intérêts étrangers. Les gouvernements qui lui ont succédé ne s’en sont pas vraiment préoccupés puisqu’il restait plutôt facile de s’approvisionner en vaccins courants à l’étranger. Or, maintenant plus que jamais, nous pouvons constater tout l’intérêt de la production nationale.

Les problèmes d’approvisionnement en EPI sont plus récents. Le Canada avait en effet sa propre réserve : nous en avons laissé une partie se détériorer, tandis qu’une autre a été envoyée à l’étranger au début de la pandémie. Or, nous étions mieux préparés pour l’éclosion du SRAS en 2003. Cette fois, les restrictions budgétaires des dernières années ont fait en sorte que notre réserve d’ÉPI, une fois périmée, n’a pas été renouvelée. Et peut-être même pire, le gouvernement a fait parvenir 16 tonnes d’EPI à la Chine alors qu’on pensait la COVID-19 contenue dans ses frontières.

Malgré tout, la pénurie d’EPI semble avoir été un problème plus simple à gérer. En à peine quelques semaines, les manufacturiers ont su assurer la production de l’équipement dont nous avions tant besoin. Cela dit, les travailleurs paramédicaux ont eu du mal à s’approvisionner en masques cet été, et une certaine confusion demeure quant aux solutions de remplacement valables à l’inégalable masque N-95. On se questionne également sur les chaînes de production qui ont été mises en place et qui demeurent inexploitées par l’approvisionnement gouvernemental. Et pour ce qui est de la production d’un vaccin, la solution n’est pas si simple.

Les néo-démocrates exhortent donc le gouvernement à rétablir une production nationale de vaccins et d’autres médicaments essentiels. L’objectif : s’assurer de protéger plus rapidement les Canadiens et les Canadiennes, dès maintenant et dans l’éventualité d’autres crises sanitaires. Et pour y arriver, nous croyons que la solution réside dans la création d’une société d’État. L’abandon de Connaught Labs était motivé par le fait que son modèle d’affaires – un legs de ses origines universitaires – n’était pas concurrentiel. C’est ainsi que l’intérêt de la santé publique est passé en second, derrière les lois du marché. Il en va de même des décisions qui ont mené à la disparition de nos réserves d’EPI alors que nous en aurions eu besoin. Force est de constater que le marché ne suffit pas toujours à répondre à nos besoins. Les scientifiques nous mettent en garde : à l’avenir, la probabilité de faire face à des pandémies sera croissante. Tiendrons-nous compte de cet avertissement? Cette expérience nous aura montré que toute chose a un coût, et qu’il y a un prix à payer lorsque nous négligeons d’investir dans notre capacité de produire des vaccins au pays ou dans la reconstitution de nos réserves d’EPI.

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