Carol Hughes’ column – Canadians can learn from American experience instead of copying it

Most of us are wired to believe that we aren’t biased which may be the biggest roadblock to respectful public discourse. But there are numerous factors at play and many fronts on which to challenge ourselves if we desire productive public discussions on important issues along with orderly and meaningful elections.  A glance at our southern neighbor shows us what partisanship on steroids can look like. While it is tempting to pat ourselves on the back for remaining a bit above that fray, it is important to remember we often follow the lead of American politics.

There is usually a lag before we begin to exhibit the signs, but the flow of ideas and tactics in recent years has shown that American political trends routinely reach into Canada. There is little doubt the growth of communications platforms, social media, and the sheer volume of news outlets drives this at an accelerated rate.  Add to that the fact that media outlets – especially in the US, but also within Canada – have become partisan cheerleaders.  While this may be most obvious on stations like Fox or CNN, it would be foolish to assume some Canadian media outlets aren’t biased.

Here, federal Conservatives accuse the CBC of bias, framing the news department as pro-Liberal party and anti-Conservative party. This has created a toxicity towards our public broadcaster from many on the right.  While the accusation may have a ring of truth to it, it is important to separate political bruises from actual bias. More importantly, if our public broadcaster is biased to any one party it is better to root that out and maintain a viable public option rather than starve it for resources, which the Conservatives have done in the past and clearly state they would do again.

There are many ways the election in the US has been illustrative, voter suppression tactics are one example we should do our best to avoid.  In America, each state is responsible for running the federal election in their jurisdiction which is why suppression tactics vary from place to place. The tactics range from fewer polling stations in areas with the potential to deliver blocks of voters who may oppose the governing party which makes it difficult to vote because of the time commitment, to calling into question the validity of mail-in ballots.  With the vote taking place under a pandemic, partisans have gone out of their way to make it more difficult to vote and to believe the results.

This happened in Canada when Stephen Harper went out of his way to make it more difficult for some people to vote.  To do that, his government changed how voters can register.  When defending the moves, members of his caucus were caught in outright lies and confabulations. Fictional ballots in garbage cans were cited as one excuse, but the fact remains the new rules made it more difficult for many students, aboriginals, the homeless, as well as disabled and elderly people living in care to establish proof of residency so they could vote.  Prior to this the Conservatives were caught in the Robo-Calls scandal that saw party operatives mislead people they believed would not support their candidates with inaccurate directions to polling locations.

It’s clear that hyper-partisanship, voter suppression, and a more partisan media have all found their way into Canada.  While we often sooth ourselves with declarations that things are much worse for our southern neighbours, that may not remain the case if we aren’t careful about guarding our democratic institutions and demanding better of our media. Canada has unique elements to our political system that mean copying American examples isn’t always possible and if we want to maintain a vibrancy in our democratic processes, it isn’t always advisable either.

Les Canadiens peuvent apprendre de l’expérience américaine plutôt que de l’imiter.

La plupart d’entre nous avons été habitués à croire que nous n’avons pas de parti pris, ce qui constitue peut-être le plus important obstacle à un débat public respectueux. Mais de nombreux éléments sont en jeu et nous devons nous remettre en question sous de nombreux aspects si nous voulons avoir des échanges publics productifs sur des enjeux importants, et tenir des élections disciplinées et dignes de ce nom. Un coup d’œil vers nos voisins du sud nous donne une idée de ce à quoi peut ressembler la partisanerie gonflée aux stéroïdes. Mais s’il peut être tentant de nous féliciter en pensant que nous savons rester au-dessus de la mêlée, il est important de ne pas oublier que nous suivons souvent l’exemple de la politique américaine.

Il y a habituellement un délai avant que nous commencions à en voir certains signes, mais le foisonnement d’idées et de tactiques observé au cours des dernières années démontre que les tendances en matière de politique américaine gagnent couramment le Canada. Il fait peu de doute que la croissance des plateformes de communication, les médias sociaux et le volume impressionnant de chaînes de diffusion d’informations ont donné un coup d’accélérateur à cette situation. Il nous faut ajouter à cela le fait que les chaînes de diffusions d’informations – en particulier aux États-Unis, mais aussi au Canada – sont désormais d’ardents partisans. Même si cela semble flagrant lorsque nous regardons des chaînes comme Fox ou CNN, il serait déraisonnable de tenir pour acquis que certains médias canadiens n’ont pas de parti pris.

Ici, les conservateurs fédéraux accusent la CBC de parti pris, affirmant que son service de nouvelles est pour le Parti libéral et contre le Parti conservateur. Cette situation a créé une attitude toxique à l’égard de notre diffuseur public chez de nombreux partisans de la droite. Et même si l’accusation semble en partie véridique, il est important d’établir une distinction entre les irritants politiques et le véritable parti pris. Mais surtout, si notre diffuseur public affiche un parti pris à l’égard d’une formation politique en particulier, il est préférable de corriger la situation et de préserver une option publique viable que de réduire ce diffuseur à la famine, ce que les conservateurs ont fait et n’hésiteraient manifestement pas à refaire.

L’élection américaine a illustré ce fait de nombreuses manières, notamment avec des tactiques de suppression du vote que nous devons à tout prix éviter. Aux États-Unis, chaque État est responsable d’organiser l’élection fédérale sur son territoire de compétence. C’est pourquoi les tactiques de suppression du vote varient d’un endroit à l’autre. Ces tactiques consistent notamment à réduire le nombre de bureaux de scrutin dans des régions susceptibles d’avoir des blocs d’électeurs qui s’opposent au parti au pouvoir, ce qui fait qu’il est alors difficile pour certains de voter en raison du temps requis pour se rendre à un bureau de scrutin. Une autre tactique consiste à contester la validité du vote par correspondance. Comme l’élection se déroulait en période de pandémie, les partisans se sont efforcés de faire en sorte qu’il soit plus difficile de voter et de croire à la validité des résultats.

La même situation s’est produite au Canada lorsque Stephen Harper a fait tout ce qui était en son pouvoir pour compliquer la tâche de certaines personnes qui désiraient voter. Ainsi, son gouvernement a modifié la façon dont les électeurs pouvaient s’inscrire. Lorsqu’ils ont tenté de défendre ce changement, les membres de son caucus se sont empêtrés dans une litanie de mensonges et de fabulations. On a évoqué notamment, à titre d’excuses, que de faux bulletins de vote avaient été mis aux ordures, mais le fait est que les nouvelles règles ont fait en sorte qu’il est plus difficile pour les étudiants, les Autochtones, les sans-abri, de même que pour les personnes handicapées et les personnes âgées vivant dans des maisons de soins de fournir une preuve de résidence pour pouvoir voter. Avant cela, les conservateurs avaient été aux prises avec le scandale des appels automatisés dans le cadre duquel des travailleurs du parti induisaient en erreur des personnes qui selon eux, n’allaient pas appuyer leurs candidats en leur fournissant des directives erronées pour se rendre aux bureaux de scrutin.

Il est clair que des médias plus partisans, la suppression d’électeurs et l’hyper-partisanerie ont tous trouvé leur chemin au Canada. Nous nous rassurons souvent en affirmant que les choses sont bien pires chez nos voisins du sud, mais la situation pourrait changer rapidement si nous ne faisons pas preuve de prudence en protégeant nos institutions démocratiques et en exigeant le meilleur de nos médias. Le système politique du Canada comporte des éléments uniques qui font qu’il n’est pas toujours possible d’imiter les Américains, et si nous voulons maintenir la vitalité de nos processus démocratiques, cela n’est pas non plus souhaitable.

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